dimanche 29 mars 2009

Installée...


Après plusieurs semaines de news éparses, après des mois à saoûler tout le monde sur mon prochain départ, après 1 blog, 1 déménagement, 2 allers-retours à Eindhoven, 37 cartons, me voilà à Eindhoven, pour de la vraie.

Et ça y est, après 3 jours de déballage de cartons, de déplacement des fauteuils, d'accrochage, de décrochage et de ré-accrochage des miroirs, tableaux et autres encadrés de lapins crétins (merci Margaux), Alex et moi avons fini (ou presque) de nous installer ici à Eindhoven (on passera magnanimement sur les cartons de bazar divers qui sont arrivés tels quels ici et repartiront probablement de même, intouchés, lorsque nous déménagerons de nouveau vers de nouvelles aventures). Notre petite maison est toute choupinette-miam-miam, et on a plein de place pour des invités : en plus de notre lit, et outre les 2 lits simple dans la chambre d'amis, on a un matelas 2 places, un matelas 1 place, et un lit bébé (que la propriétaire nous a laissé, pensant sûrement que ça nous donnerait des idées intéressantes)

Alex et moi commençons déjà à nous familiariser (lentement) avec la langue néerlandaise, notamment en lisant les sous-titres des programmes en anglais, et en tentant d'interpréter les mots que nous lisons dans la rue. Par exemple, "geen reklame" sur les boîtes aux lettres nous a paru signifier "mort aux annonceurs qui pourissent nos boîtes aux lettres" ; et "gesloten", que nous avons pu lire à de (trop) nombreuses reprises dans les devantures de magasins, aujourd'hui jour du seigneur, nous apparaît comme indiquant que, non contents d'être des feignasses qui ferment les magasins en semaine à une heure à laquelle même les postiers français travaillent encore (c'est dire), les Néerlandais ne daignent même pas ouvrir ne serait-ce qu'une pauvre boulangerie le dimanche matin. Même Ikea est fermé le dimanche. Alex et moi nous attendions pratiquement, lors de notre promenade ce matin, à voir des balles de paille et de poussière rouler au travers des rues désertées, et des chiens errants trottiner anxieusement à la recherche d'un coin d'ombre (ou plutôt d'un abris contre la pluie, on est en Hollande tout de même).

En parlant du temps, ici c'est un peu comme la Normandie : il fait beau plusieurs fois par jour. Ce matin, il pleuvait ; vers 10h30 quand nous sommes allés nous promener, le ciel s'est miséricordieussement arrêté de crachoter pour laisser la place à un grand beau temps. A peine étions nous rentrés que nous avons eu droit à une belle averse, et ainsi de suite toute la journée. A mon avis, pour aller au boulot en vélo, il faut être prêt une bonne heure et demi avant, et guetter les éclaircies. Ceci dit, c'est une bonne nouvelle pour les quelques rares plantes qui me restent encore. Je les ai d'office toutes mises dehors, pour qu'elles se requinquent un peu. Et, pleine d'optimisme, j'en ai même acheté d'autres, qui vont aller dans le parterre devant la maison.

Next step : boulot cremdi 1er avril. Et ça, ça va pas être de la blague.

mardi 17 mars 2009

On a une maison !


Et voilà ! On a trouvé une maison à Eindhoven !

J’ai passé la première semaine du mois a Eindhoven, histoire de préparer mon arrivée. Le but était de trouver un appartement, certes, mais aussi d’ouvrir un compte en banque et d’obtenir mon “sofinummer” ou “BSN nummer” (de ce que j’en ai compris, c’est l’équivalent d’une carte de résident et d’un numéro de sécurité sociale ; mais je ne suis pas très familière avec tout ca). Ainsi que de découvrir la ville. Bref, savoir si la vie ici va être facile et sympa (ou pas) au travers de tout un tas de petits trucs.

Premier constat : l’immobilier est bien moins cher ici qu’a Paris. Certes, on s’en serait douté ; mais ca fait plaisir quand même. Pour 900€ j’ai une petite maison en brique toute choupinette avec deux chambres, une buanderie et une salle de bain a l’étage ; le salon, la cuisine, un débarras et un toilette au RDC. Et il y a également un jardin (avec un cabanon) derrière la maison, ainsi qu’un petit jardin ouvert sur la rue a l’avant. Le tout a deux pas d’un grand parc, et proche de tous les commerces qu’il faut (sauf d’une boulangerie, mais il faut dire que ca ne semble pas exister ici). En plus elle est meublée en grande partie, ce qui m’évitera de devoir acheter un lit pour la chambre supplémentaire, des armoires, etc. La photo en tête du post montre la partie salle a manger du salon.

Deuxième constat : question tâches administratives et autres, aux Pays-Bas ils font pas suer le monde. Je vous fais le discours (a la mairie) :
« - Bonjour madame, je vais habiter a Eindhoven, j’ai besoin d’un sofienummer
- Certainement, vous avez un contrat de travail et une pièce d’identité ? J’aurai également besoin de votre adresse ici.
- Bien sur, voici. (j’ai un papier de l’agence immobilière depuis le matin même)
- Et vous comptez rester longtemps ?
- Oh je ne sais pas trop, jusqu'à ce qu’on me vire ?
- Très bien, dans ce cas, j’aurai besoin de votre extrait d’acte de naissance
- Ah flute, je n’ai pas ca sur moi
- Ca ne fait rien, pensez a me le ramener a la prochaine occasion. Voici vos papiers »
Ceci toujours en anglais ; je vous mets au défit de trouver une employée de mairie qui parle anglais en France. Bref, je sens qu’ici ils vont pas me compliquer la vie avec des papiers a remplir.

Troisième constat : Eindhoven porte très mal son nom. Cette ville devrait s’appeler Philipscity. Il est absolument impossible de s’asseoir dans un café ou de marcher dans la rue sans entendre parler de Philips, de ses produits, de son marketing, etc. Tout le monde semble être employé, directement ou non, par Philips. Il y a le Philips Stadion dans lequel joue le Philips Sport Vereniging (le PSV Eindhoven). Les télés des hôtels sont de marque Philips, ainsi que l’éclairage des rues, bien sur. Il y a la première usine Philips qui est a présent le musée Philips.

Certes, ca fait un peu Big Brother, vu comme ca, mais ca présente pas mal d’avantages en fait. Déjà, Philips doit subventionner a peu de choses près l’intégralité des équipements de la ville, et Eindhoven semble en profiter largement. Le centre-ville, en briques rouges, est très bien entretenu, et la manne financière que représente l’entreprise se manifeste dans la diversité des magasins de fringues, de chaussures, de bijoux, de hifi, ainsi que dans la multitude de restos et bars. Et par ailleurs, quel que soit le sport que vous souhaitez faire, il y aura le club et la salle correspondants.

Bref, je pense que je vais me plaire ici ! Next step : j'emmenage...

mardi 27 janvier 2009

J'enfile des perles


18:00, Paris, le 26 janvier 2009 : c'est quoi, votre bonne résolution pour la nouvelle année ?

Moi, ma bonne résolution, c'est de prendre du temps pour les travaux manuels. Il paraît qu'aux Pays-Bas, ils sont plus respectueux de l'équilibre entre vie pro / vie privée, donc je devrais pouvoir m'arranger mieux qu'au BCG. Donc j'ai décidé de "faire des perles" ; à savoir, je vais recommencer à faire des colliers, des bracelets, des boucles d'oreille, enfin des trucs de fille, quoi ! Pour ceux qui ne savaient pas, j'en ai fait beaucoup étant étudiante, que je mettais en vente sur un site Internet (http://almapreciosa.free.fr/) ; mais ces dernières années, j'ai eu d'autres choses en tête, et j'ai décidé que ça me manque.

Evidemment, je ne vais pas juste enfiler des petites rocailles les unes après les autres en alternant les roses et les dorées, comme je faisais quand j'étais petite : ça n'est plus très marrant (à part pour ma petite voisine qui me demande de lui sortir les perles roses et les dorées chaque fois qu'elle vient à la maison, soit chaque fois que j'ai oublié de fermer ma porte au moment où elle passe sur le pallier). Je ne vais pas non plus faire des bagues en cristal Swarovski comme celles que toutes les femmes au foyer (ou pas au foyer d'ailleurs, n'est-ce pas maman) se sont mis en tête de produire en masse, notamment pour les marchés de noël.

Non non non, je veux faire des trucs nouveaux, originaux, avec des nouvelles matières, et des nouvelles techniques : c'est ça qui est fun ! Et vu que, comme toute prétendante à un titre (officiel ou non) de Princesse, j'adore les matières qui brillent, les textures qui chatoient, enfin tout ce qui coûte cher, j'ai donc décidé de travailler de préférence à base d'argent, d'or et de pierres précieuses. Le hasard comme par hasard.

Ca tombe bien, cette année je trouve que les créateurs ne se sont pas foulés pour faire de jolies chaussures. L'esentiel de mon bonus de fin d'année est donc sain et sauf, ayant bien résisté aux soldes. C'est donc parti pour du shopping Internet: Ebay et Etsy, me voilà ! (http://www.ebay.fr/ ; http://www.etsy.com/). Hop, un peu d'améthyste, un peu de citrine, trois topazes, quelques mètres de fil d'argent, des fermoirs, des anneaux, des "charms" en tout genre... Le compte paypal de mon frère est dûement mis à contribution (pas de chance, ma banque à moi n'accepte pas Paypal) ; à peine le temps de régler ses quelques centaines d'Euros de découvert via un petit transfert d'argent, que déjà mes premiers colis en provenance des USA, d'Hong Kong, d'Inde et de Thaïlande sont dans ma boîte.

A ce moment là, bien sûr, je me rends compte que j'ai oublié d'acheter des boîtes pour ranger tout ça, et également que quelques outils seraient bien utiles, sauf à avoir un gros budget pour réparer mes petites quenottes qui pourraient mal s'accomoder de la découpe de fil d'argent "à la barbare". Re-belotte pour le shopping de "round nose plier", "compartment bead box" et autres "min steel anvil" (ebay a fait plus pour mon vocablaire d'Anglais que tous mes clients et chefs de projet réunis).

Fin janvier, j'en sais plus que jamais sur les couleurs de la rhodochrosite, de la Mexico Lace agate ou de la Rainforest jasper. Je sais aussi ou se trouve Chanthaburi en Inde, où on extrait les plus belles émeraudes dans le monde, combien en millimètres représente une citrine de 15.61 carats taillée en forme de "teardrop", combien mesure un "inch" ou trois "feet". Forte de toute cette magnifique et nouvellement acquise culture générale, je me sens d'attaque pour commencer un vrai beau travail d'artiste et créer des bijoux magnifiques, sensationnels, mirifiques, d’une originalité troublante bref, du vrai beau grand jamais vu qui fait briller les yeux (rien que ça).

Ca (re-) tombe bien (on dirait que les événements se liguent pour m'encourager à reprendre ma production de colliers), c'est l'anniversaire de ma grand-mère dans quelques jours. Or, chacun sait que les grands-mères, comme les mères (voire en pire), adôôôôôôôrent que leurs petits-enfants leur fassent des belles choses de leurs petites mimines potelées ; enfin, je suppose que si la mienne arrivait à s'extasier de mes empreintes de mains dans de la glaise quand j'étais à la maternelle, sûrement elle sera contente d'un collier avec des améthystes et des citrines (ou alors vraiment les grands-mères ne sont pas comme les autres femmes). J'opte donc pour un collier pour ma mamie chérie.

Donc lundi dernier, c'est parti. Pendant 5 heures je tortille du fil d'argent avec des pinces, je monte des briolettes mauves et jaunes avec des petites perles en argent, je façonne, je tournicote, je tortillonne, bref, je m'escrime avec mes paires de pinces pour faire quelque chose de joli. A la fin de ma soirée, je regarde mon résultat d'un oeil pas complètement exempt de fierté (mais chacun sait que la modestie n'a jamais été mon fort) : j'ai devant les yeux un charmant entrelacs de fil d'argent, de pierres jaunes pâles et mauve léger en forme de goutte d'eau. C'est définitivement plus joli que ma main dans de la glaise ; Mamie va être ravie (j'espère).

Dimanche midi, c'est l'anniversaire en question. Au dessert on offre les cadeaux. Je présente le mien, fière comme si j'avais un bar-tabac. Il suscite des "aah, très joli" et "ooh, pas mal du tout". Je suis un peu déçue que personne ne s’extasie sur mes telants d’artiste ou sur ma minutie, mais bon, on trouve le bijou joli, c’est toujours ça.

Après le dîner, je papote avec mes sœurs. Je leur demande si elles ont aimé le collier (après tout, si on ne me fait pas de compliments, je peux bien aller les pêcher moi-même). Réponse : « oui beaucoup, tu l’as payé cher ? Tu l’as acheté où ? ». Elles ont cru que je l’avais acheté dans un magasin. Au temps pour « l’originalité troublante » et le « vrai beau grand jamais vu ». M’enfin ! Je prends ça pour un compliment.

mardi 6 janvier 2009

J'ai mon contrat


15 :12, Paris, le 6 janvier. Le retour à la vie active, c’est dur

1 semaine de vacances, c’est bien. 2 semaines, c’est mieux. Le premier lundi de janvier, c’est dur. Et voilà, c’est fini la belle vie, les couchers tôt le matin, les réveils tôt l’après-midi, les heures à regarder les vitrines du Printemps, la moyenne à 500 pages de roman lues / jour, les siestes avec le chat à ronronner de concert, les bains de 2 heures avec mon chéri à s’arroser de bon cœur.

A la place je retrouve mon bureau chez le client, les yeux qui veulent pas s’ouvrir le matin, les aiguilles qui veulent pas tourner plus vite pendant la journée, le métro qui veut pas avancer le soir ; les emails qui commencent par « can we hold a meeting tomorrow morning before 9 :00… », les coups de fil qui commencent par « tu es où ? Tu peux passer dans mon bureau ? », et surtout, les heures à s’ennuyer devant l’ordi en attendant qu’on m’envoie « ce truc là, tu sais ? J’aurais besoin d’un coup de main dessus, tu es dispo ? Tu l’as dans 5 minutes, demi-heure max ».

Voyons le bon côté des choses (qui est certes peu évident là tout de suite, mais néanmoins latent).
1. Demain c’est les soldes. Même si je ne peux pas sortir, j’ai toujours mon ordi pour faire les boutiques virtuelles.
2. Fin mars, c’est ter-mi-né !

Eh oui, j’ai enfin reçu mon contrat ! Il a enfin atterri dans ma boîte aux lettres après trois semaines de tribulation postales entre la Nhollande et la France, rédigé tout bien comme il faut, avec marqué en gras « strategy manager » (dès que je les ai reçues, c’est open cartes de visite tellement qu’il est beau mon titre, tellement que c’est le meilleur, tellement que je me la pète, tellement que je l’aime). J’ai aussi le joli formulaire (pré-rempli s’il vous plaît, merci les RH chez Philips) qui va me permettre de bénéficier du statut de non-résident (et hop, 30% de mon revenu n’est plus imposable). Et même, petit miracle en soi, le « employment agreement » en Anglais, celui dont tous les employés doivent prendre connaissance, et qui m’avait déjà auparavant été envoyé à deux reprises… en Nhollandais.

Je peux enfin l’affirmer pour de vrai de vrai : le mercredi 1er avril, je change de job et je vais faire de la stratégie chez Philips. On est à J-85 avant le changement, et ça c’est excitant. J’ai pas idée de la moitié des démarches qu’il faut effectuer pour changer de pays, mais je vais m’y mettre sérieusement. Est-ce qu’il faut écrire une lettre à quelqu’un de l’Etat (le président, le ministère de l’émigration, la garde des Sceaux… Ah non, pas elle, elle est en congé maternité) pour signaler qu’on va s’en aller, que c’est tant pis pour eux, et que c’est plus la peine de nous envoyer des déclarations de revenu à remplir ?

Ce qu’il y a de bon dans ce déménagement, c’est que Philips me paie le déménagement, l’hôtel pendant la période où je serais sans logement, la « relocation agency » qui doit me trouver un appart, et même une prime substantielle de « relocation », probablement au cas où les déménageurs casseraient ma télé (auquel cas je pourrais la remplacer par une salle de projection avec des fauteuils en velours, vu le montant de la prime).

Mais en vrai, ce qu’il y a d’encore meilleur (ne perdons pas de vue les vraies choses authentiques de la vie), c’est que mon amoureux vient avec moi. Eh oui, comme mon cher et tendre va monter une entreprise pour laquelle il doit programmer un logiciel, et qu’il peut bien le programmer de n’importe où, après tout, eh bien il va le programmer depuis les Pays-Bas ! Voilà de quoi faire taire tous les fâcheux qui se moquent de mon habitude de ne sortir qu’avec des geeks. Bon, je ne sais pas si c’est plus mon attrait ou celui des coffee shops qui le fait m’accompagner, mais je suis très soulagée de savoir qu’il va être avec moi dans cette aventure (ce qui devrait m’éviter de finir, comme certains amis qui se reconnaîtront, seule, déprimée et célibataire sous prétexte de se construire un superbe CV).

Voilà, au prochain épisode, Camille va au consulat, Camille met son appart en location ou bien Camille cherche une entreprise de déménagement. Pour l’heure le devoir m’appelle : c’est l’heure du café.
P.S. Mon coeur si tu me lis, je rigole bien sûr : tu viens uniquement pour moi. N'est-ce pas ?
P.S.2 Mystérieux ami qui t'es reconnu, ça va, boude pas, c'est une blague ! Visiblement la nouvelle année a eu quelques effets secondaires favorables à ta vie sociale.

mardi 16 décembre 2008

Un noël ça se prépare



12:16, Paris, le 16 décembre : je mets la touche finale à mes cadeaux.

Eh oui, un noël ça ne s'improvise pas. Surtout pas quand on a 5 frères et soeurs, dont un qui, fort innocemment, m'a appelé il y a 2 jours pour m'annoncer qu'il était 2ème de sa classe avec un bon 15 de moyenne. Sale mioche intéressé. En plus c'est mon filleul. Je lui ai quand même fait remarquer que 2ème, c'est moins bien que 1er, histoire qu'il ne s'attende pas à avoir une navette spatiale pour noël. Vlan.

En plus de tous ces adorables petits intéressés qui ne manquent pas une occasion de me faire remarquer que je suis la plus vieille et la plus riche, donc que je suis fournisseur priviliégié de cadeaux dispendieux, et qui par ailleurs ont tous eu l'idée brillante d'avoir tous leur anniversaire entre le 2 décembre et le 2 février, histoire de profiter bien à fond de l'arrivée de mon bonus de fin d'année, j'ai aussi 2 soeurs adoptives, un copain, des parents, des grands-parents, pléthores de cousins, cousines, tantes et onceles, et 3 petits voisins de 4 à 7 ans.

C'est pourquoi cette année j'ai décidé de m'organiser sérieusement pour les cadeaux de noël. Comme tous mes weekends sont occupés depuis environ mi-octobre (je suis une star), j'ai donc massivement fait confiance à Internet. Internet c'est quand même des milliers de magasins à portée de clic. Déco, fringues, sacs, montres, jouets et autres gadgets hi-tech sont livrables à domicile dans un délai plus ou moins serré (passons sous silence les aléas de livraison). Et à prix imbattable.

Je vous donne en exclu le hit de la fin de l'année ; que les retardataires se dépêchent !

- Amazon.com, pour les livres livrés gratuitement et rapidement. J'en ai profité (outre les cadeaux) pour refaire mon stock de livres de poche en Anglais, qui devraient m'assurer un trajet Paris-Béziers en voiture exempt d'ennui. Citons aussi le mini hélicoptère télécommandé qui fait un cadeau original pour tous (et pas seulement jusqu'à l'âge de 12 ans)
- ebay.com, pour les montres en importation directe - du producteur au consommateur sans la TVA, sans les marges indécentes des retailers français ; donc à un bon -50%, et neuves, avec boîte, carte de garantie et tout... Quand on choisit bien un vendeur et pas un receleur :-p
- rueducommerce.com, pour les derniers gadgets high-tech comme le Mir:ror de Violet, qui devrait passionner tous vos amis geeks
- lastminute.com, pour les activités en tout genre. Offrir une activité est la dernière parade à la question "mais-qu'est-ce-que-je-vais-bien-pouvoir-leur-offrir-ils-ont-déjà-tout" ? Et hop, la journée de spa pour les grands-parents. Dans le même genre, weekendesk.com et smartbox.com sont très bien
- cdiscount.com, pour le grand n'importe quoi, mais aussi et surtout pour les produits de marque avec des bons rabais. Bien pratique quand on a des frère adolescents qui ne mettraient un T-shirt Tex pour rien au monde. Voir aussi brandalley.com, un peu plus haut de gamme, mais avec aussi des bonnes affaires en textile et déco, comme ces verres à whisky en cristal gravés Kenzo
- Et enfin, mais malheureusement pas en dernière minute, tous les sites de vente privée (vente-privee.com, bazarchic.com, espace-max.com, showroomprive.com, etc.) proposent leur lot de bonnes affaires, mais alors mieux vaut s'y prendre bien à l'avance, leurs modèles logistiques étant calqués sur leur proposition de valeur : low cost.
Voila pour les tips de dernière minute. A part ça, j'attends que la poste me livre, non pas un cadeau, mais mon contrat chez Philips... A suivre...

mercredi 10 décembre 2008

Que serait Paris sans ses taxis ?



9:10, Paris, le 10 décembre : on ne devrait pas avoir à commencer une journée aussi tôt

Ce matin, réunion 8:30. Hier, mon client me demande (après une journée entière à m'ignorer) : "réunion à 8:30 demain, tu es libre ?". Je me suis retenue de répondre qu'en général à cette heure-ci, en effet je n'ai pas grand chose de prévu, surtout pas des réunions. A la place, je me suis contentée d'un sobre "oui, bien sûr, John" assorti de mon plus joli sourire. Grrrrr.

Pour ma défense, ce n'est pas tant que je déteste les réunions tôt le matin ; c'est plutôt que, quitte à s'ennuyer toute la journée, autant que la journée en question commence à 10:00 qu'à 8:30. Et la réponse est oui, je suis grognonne en ce moment. Mais essayez, aussi, de rester toute la journée assise à un bureau à avoir l'air sérieux quand vous vous ennuyez !

Donc ce matin, après avoir laborieusement ouvert un oeil vers 7:50 (c'est fou comme c'est difficile de se lever avant le soleil), je décide d'appeler un taxi pour ne pas rater la réunion. Taxi réservé à 7:52, délai annoncé de 7 minutes. Je me lave en 4 minutes top chrono (dents comprises), m'habille dans la foulée (3 minutes + 1 minute pour décoincer ma fermeture éclair). A ce stade, je suis déjà sensée descendre prendre mon taxi ; mais je dédie quand même 2 minutes au maquillage, 1 minute au coiffage et, finalement apitoyée par mon chat qui miaule à la porte de la salle de bain, je consacre une dernière minute à nourrir l'espèce de furie qui me sert d'animal de compagnie.

12 minutes plus tard donc, et sans trop d'états d'âme (après tout, les taxis sont toujours en retard, et je viens magnanimement de lui accorder 5 minutes de délai) je suis en bas. Et là, pas de taxi. Je poireaute donc dans le froid en me dandinant d'une jambe sur l'autre, et en tentant de me donner bonne contenance face aux passants matinaux. C'est une chose que les hommes ne comprendront sans doute jamais, cette petite gêne qu'on ressent quand, seule, de nuit, on fait le pied de grue sur un trottoir en regardant avec insistance toutes les voitures (en fait, seulement les taxis, mais qui le sait?) qui passent. Pour l'histoire, il m'est déjà arrivé plus d'une fois qu'une voiture ou un passant s'arrête, et là, on ne sait vraiment pas où se mettre.

5 minutes d'essais déséspérés pour avoir l'air d'être une authentique business woman plus tard, à grand renfort de lecture de mail sur le blackberry, lesquels mails "pros" sont de facto intitulés "offre du jour SuperBonPlan" et de coups d'oeil théatraux et excédés à une montre imaginaire qui est en réalité posée à côté de mon lit, mon taxi décide de se pointer. Ca fait déjà 17 minutes qu'il est sensé être là.

Aimable comme un mardi matin de décembre à 8:09, je monte dans le taxi et lui demande si c'est à cause du marché qu'il est en retard. L'idée, pas forcément transparente, certes, est que si il y a marché, il va falloir qu'on rejoigne le périph' par un autre chemin, autrement on est bons pour un grand quart d'heure coincés entre les cartons de robes pour mémé en forme de sacs et les cagettes de salade.

Là, mon taxi me répond qu'il n'est pas en retard, qu'il a juste eu "3 ou 4 minutes de délai", m'informe qu'à son humble avis ceci ne constitue pas un retard digne d'être mentionné, et que de toutes manières il n'est pas passé par l'avenue qui monte du périph', donc il ne sait absolument pas s'il y a marché. Sale type.

A ce moment là, je pense très fort à Thibaud et aux aventures qu'il a eues avec ses taxis thaïlandais (voir les messages de mai 08 de son blog), me dis que bon, ça c'est de la gnognotte (d'ailleurs j'ai connu des taxi français bien pires), et finis par me résigner à indiquer l'adresse, et "prenez la rue des Rosiers, qu'on évite la porte de St Ouen". Au moins mon chauffeur de taxi sait parfaitement de quelle rue je parle parmi les miliers d'obscures rues parisiennes et il ne se plante pas de chemin. J'arrive donc à temps pour la fameuse réunion.

Dans l'ensemble, on a beau se plaindre, le taxi français est compétent. Il est parfois trop bavard, grognon, ça m'est arrivé de tomber sur des racistes, il y en a qui se croient pilotes de course, d'autres qui veulent rien écouter du "si vous avez un itinéraire préféré, indiquez-le au chauffeur", il y a ceux qui vous draguent et ceux qui conduisent de telle façon que vous préféreriez presque finir le chemin à pied, même s'il pleut, qu'on est sur l'autoroute et qu'il fait 2°C ; mais ils ont au moins ça de bien qu'ils savent où sont toutes les rues de Paris et qu'ils peuvent vous y emmener par un chemin (raisonnablement) direct.

En fait, le pire qui puisse vous arriver dans un taxi à Paris, c'est de passer un moment éminemment folklorique. Parmi ces moments folkloriques où j'essayais de garder sérieux et sang-froid, citons :

- Le chauffeur breton qui voulait me montrer qu'il connaissait mieux le quartier dans lequel j'habite que moi, et qui, après le "prenez par la rue des Rosiers", plutôt que de rejoindre la porte de Clignancourt, et malgré mes demandes inquiètes, a voulu rejoindre le périph' par la porte située entre celle de Clignancourt et celle de St-Ouen. Parisiens et non-parisiens, à vos mappy. Si vous trouvez cette entrée sur le périph', je vous paye un whisky. Et on s'étonne que les bretons aient une réputation de têtes de mule.

- Le chauffeur qui, après m'avoir récupérée à mon boulot vers 23:00, m'a demandé si je travaillais toujours autant, puis (subtilement), si mon mari appréciait ça ("- je ne suis pas mariée - Aaaah..."), avant d'enchaîner sur "est-ce que au moins vous êtes bien payée" et "vous possédez votre appartement ?" (double "oui"), et qui a fini par en déduire que j'étais la femme idéale (puisque jeune, jolie, riche et chroniquement absente), et par me demander si je ne voulais pas le prendre comme gigolo. Bien sûr j'ai répondu non, bien qu'il ait eu l'air parfaitement à même de répondre à cette fonction (c'était un chauffeur de la catégorie "jeune et canon")

- Le chauffeur qui, quand il a su que je bossais dans la stratégie, m'a informée d'un air de confidence qu'il avait une stratégie très maligne pour résoudre la faim dans le monde, qu'il l'avait envoyée au Président de la république, mais que pour des raisons de confidentialité, il ne pouvait m'en parler ; qui, ayant fini par céder à mes supplications, m'a déclaré qu'il suffisait d'envoyer tout le pain dur non consommé en France et aux USA aux pays pauvres ; et qui a eu l'air déçu mais néanmoins dubitatif quand je lui ai déclaré que les problèmes logistiques et sanitaires pouvaient malheureusement empêcher cette brillante idée d'être mise à exécution, mais qu'il ne devrait cependant pas hésiter à donner quelques kilos de farine lors de la prochaine collecte en faveur d'une intervention humanitaire, et que les gens pourraient alors produire leur propre pain dur (ou pas). Chauffeur, si vous me lisez, ne m'en veuillez pas d'avoir divulgué votre idée, je suis sûre qu'elle a déjà trouvé un écho mérité auprès du Président de la République, et que ce n'est donc plus un secret.

Bref, les aventures en taxi ne manquent pas, et ma vie au pays du vélo manquera certainement de saveur en comparaison.

D'ailleurs, ce départ en pays Nhollandais, il faut que je le prépare. En vrac :
- Ecrire ma lettre de démission à mon job actuel
- Louer mon appartement
- Me renseigner sur les formalités administratives à effectuer en France
- Trouver un appartement là-bas
- Etc...

Nhollande, me voilà !

mardi 9 décembre 2008

Quand tout a commencé



17:10, Paris, le 9 décembre : il neige, il fait froid, je m'ennuie.

Un 9 décembre, il est bien normal qu'il fasse froid. La neige (enfin, l'espèce de neige fondue), est également une conséquence bien habituelle de l'équation décembre + froid. D'ailleurs, ni l'une ni l'autre n'est vraiment gênante ; ça a même un côté amusant que de savoir que demain matin, tout sera très certainement paralysé. Le froid aura fait geler la neige sur les routes, les rendant impraticables aux urbains inexpérimentés. Avec un peu de chance, le froid aura déposé du givre sur les fils au nom impossible à retenir transportant l'énergie pour les RER, et ceux-ci seront également bloqués. Ou alors c'est la neige qui se sera chargée d'enneiger les voies, lesquelles bien entendu n'auront pas été salées préalablement, comme on aurait pourtant pu s'y attendre.

Bref, Paris démontrera comme chaque année sa mémoire de poisson rouge qui oublie d'un an sur l'autre qu'en hiver, il fait froid et il fait gelé. Tout sera adorablement désorganisé, ce que personnellement j'adore, puisque cet intermède annuel nous rappelle que nous autres modernes petits habitants des villes ne sommes pas à l'abri des éléments, et que nous devons payer notre tribu à la nature, comme tout le monde. Et, outre cet élan païen de ferveur face au démonstrations d'autorité de notre Mère Nature, j'ai aussi le secret espoir de m'en servir comme d'une bonne excuse pour arriver en retard au bureau.

Certes, je ne prends ni la route ni le RER, mais le métro, lequel n'a pas de raison d'être paralysé. Mais comme je prends la ligne 13, je trouverai toujours une excuse circonstanciée. Pour les non-adeptes de la RATP, la ligne 13 a toujours un problème, et sa seule évocation en réponse à la question "ah, et comment tu viens au bureau le matin ?" suffit en général à vous valoir des regards compatissants et à justifier tous les retards matinaux, même en temps normal (à titre d'illustration, ce matin, un train s'est arrêté entre 2 stations, et les usagers ont du évacuer les rames à pied ; ils avaient bien sûr par mesure de sécurité arrêté la circulation du courant, arrêtant l'intégralité de la ligne). Alors, en temps de froid et de neige, tout peut arriver.

Non, en fait, la neige, le froid, tout ça participe à établir l'esprit de noël, celui qui fait qu'on se précipite pour ouvrir la porte de chez soi et se jeter dans le canapé et s'enterrer sous les couvertures, ou qu'on pousse la porte d'un bar pour commander un vin chaud, et pas une bière comme d'habitude ; et ça me plaît. En revanche, ce qui ne va pas, c'est que je m'ennuie.

Oui, je sais, tout le monde s'ennuie parfois. Mais nous sommes en pleine semaine, et je fais un de ces jobs qui suppose d'être tout le temps sur le qui-vive, répondant à de nouveaux défis, fourmillant d'idée et débordant de concepts à mettre en application tels que "créer le whaou effect", "ajouter de la valeur", "penser out of the box", etc. Et mon client paye 50,000€ par an pour que je mette ces beaux concepts en pratique chez lui et lui permette d'avoir de nouvelles idées "breakthrough", de faire du "cost-cutting", de "repenser son business model" et autres "décrocher les rewards de l'innovation" (comment ça c'est pas français ?!). Et au lieu de me donner des tas de choses à faire pour que ces milliers d'Euros soient judicieusement employés à faire éclore des idées rentables à mon cerveau, eh bien... Rien. Il ne fait rien. Ou plutôt, il évoque des choses dont il va me parler plus tard dans la journée. Mais, à maintenant 17:53, plus tard dans la journée c'est naaaaow. Et rien.

Et c'était à peu près la même chose la semaine dernière, et celle d'avant. Oh, je ne dis pas qu'il ne me donne jamais rien à faire, non. De temps à autre, les "faut que je te parle d'un truc sur lequel je voudrais que tu travailles" se transforment réellement en truc sur lequel il faut que je travaille. En général, c'est une comparaison des postes de coûts entre différentes "business units" ou bien la rédaction d'une notice d'utilisation pour un fichier Excel de réduction de l'activité des usines. Enfin, rien de génialement intéressant, ni qui constitue un véritable défi pour mes neurones en cours d'atrophie.

Ca durait depuis un petit moment quand j'ai fini, il y a quelques mois, par me dire que j'avais fait le tour de mon boulot. Ca n'a heureusement pas toujours ressemblé à ça, et j'ai eu des missions passionnantes ; mais là je sentais la lassitude me gagner, j'avais appris ce qu'il y avait à apprendre au sujet du conseil en stratégie, et il me fallait autre chose. Autre chose, c'est à dire plus d'opérationnel dans mon boulot de tous les jours, la possibilité de nouer des relations de long terme avec des collègues et des supérieurs qui apprendraient à me faire confiance, plus de latitude dans mes actions... Ce que je ne voulais pas abandonner en revanche, c'était le côté surplombant qu'on peut avoir quand on bosse à la direction de grands groupes, la possibilité d'être impliqué dans des problématiques de haut niveau, le challenge intellectuel.

J'en ai donc tiré la conclusion qu'il fallait que je bosse dans une "vraie" entreprise, sur des produits qui m'intéressent, et que la direction de la stratégie était probablement le type de département dans lequel je pourrais commencer à faire mes preuves et m'impliquer plus avant dans l'implémentation des projets.

Et voilà comment, le 1er avril prochain, je serai officiellement une employée de Philips Luminaire, avec un poste de Strategy Manager au sein du département "Management and General Affairs". Et tout ça à... Eindhoven.

PS. Ah, et les fils du train s'appellent les cathénaires :)